Café M.

Schöneberg, Berlin. Septembre 2012.

« Le M est une institution dans le quartier », disait le guide.  Incontournable donc.

La terrasse d’un café reste un des meilleurs lieux d’observation des comportements humains.

Prenez une capitale européenne. Un quartier (très) peu touristique. Une terrasse de café (presque) quelconque.

Vous y êtes ?

Là se balade d’un pas lent mais presque travaillé, un homme  d’une soixantaine d’années, les cheveux d’un blanc neigeux, encore bien fourni pour son âge, un visage sec, carré, des yeux vifs et acérés, comme si rempli d’animosité. Il est habillé d’une chemise d’un blanc immaculé, qui renforce la blancheur de ses cheveux, il porte un jean brut peu flatteur et tient dans sa main un butin, son butin.

Six autres chemises blanches, tout droit sorties du pressing.

Il n’est pas en uniforme pourtant mais il semble ne portait que ça. Des chemises blanches. Et un jean brut.

Pourquoi alors cette démarche, ce regard suspicieux ?

Comme si la première personne pressée qui allait la croiser, allait le voler, le dépouiller. Il scrute les passants, la terrasse. Tout, autour de lui, lui semble être un danger potentiel, une attaque imminente.

Pourquoi alors sortir de chez soi ?

…Oh oui, vous devez avoir raison, ce doit être sa sortie hebdomadaire : Maison/Pressing. Pressing/Maison.

« Et le premier qui feinte une approche ou me regarde de travers, je le descends. »